Les riches ne s'intéressent à l'écologie qu'en fonction de leurs intérêts financiers

Publié le septembre 8th, 2015 | par Thierry Curty

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Le climat impose la transition sociétale, c’est une question de survie pour l’humanité

François Hollande en a fait l’amer constat : « Pas d’accord possible sur le climat sans financement »!

Ca veut dire quoi ça? …Eh bien ça veut dire qu’il faut que les Etats mettent la main à la poche pour financer la transition écologique, donc à vos frais, à NOS frais à tous. Il s’agit de nous écraser de taxes, d’obligations diverses, comme la rénovation du logement, des contraintes pour lesquelles les industriels vont nous vendre un tas de trucs plus ou moins exorbitants labellisés « greenwashing ».

C’est absurde, parce que ça revient à un ralentissement de l’économie qui repose sur l’investissement privé qui permettra la création de richesse. Comment l’Etat pourrait-il financer ça s’il n’y a pas de création de richesse ? Par la dette ?

Pour sauver le climat, une seule solution : il faut donner le pouvoir économique au peuple, lui offrir les moyens techniques de soutenir les projets écologiques qui lui conviennent. Non seulement ça préserve le politique des pressions des lobbys qui seraient alors contraints à intervenir à un niveau plus large, mais aussi ça contribue et incite au basculement dans l’économie numérique, moins chère, parce que nécessitant peu d’infrastructure, plus performante, parce que plus directe, abolissant le temps et les distances,  faisant de chaque citoyen un acteur du développement sociétal. Le politique, entrant alors en synergie avec les choix du peuple, n’est plus dans l’affrontement perpétuel et mieux suivi par lui, ce qui lui apporte la force et l’équilibre nécessaires pour avancer.

De plus, ça fait de l’écologie un investissement et non pas un coût. La cerise sur le gâteau étant que le peuple s’éduque ainsi à l’économie, la politique, l’écologie, on diffuse la conscience du monde par sérendipité, tout en introduisant l’intelligence collective.

…C’est la seule voie possible, sinon ça ne se fera pas. Trop cher, le peuple n’acceptera pas de payer, surtout que ça n’enrichira que les riches. Et pas assez démocratique, les gens en ont marre qu’on se foute de leur gueule avec l’écologie, moi le premier. Acheter des ampoules merdicimales qui n’éclairent pas pour des prix hallucinants et qui ne durent pas pour que certains puissent se chauffer avec des climatisations réversibles qui consomment des kilowatts à la Tonne, c’est bon, ça va, merci messieurs Osram et Philips.

La transition sociétale du XIXème siècle s’est produite un peu avant, au XVIIIème, avec la Révolution, mais c’était la révolution démocratique.

La transition sociétale du XXème siècle était sociale et s’est produite sous forme des grandes grèves, elle était donc démocratique.

La transition sociétale du XXIème siècle, impulsée par la révolution numérique, est écologique. Elle sera démocratique ou ne sera pas.

L’Avenir, comme l’Histoire, est fait de petits pas démocratiques.

Pour ma part, tous les bla-blas politiques ne me concernent pas. Quelles que soient les décisions qui sortiront de la COP21 et qui seront donc contraignantes et liberticides, ma vie je la passerai à tout faire pour ne pas m’y soumettre ou les contourner afin d’économiser et financer celles qui seront inévitables. A moi, elles ne me rapportent rien du tout, je ne vais donc pas dépenser de l’argent pour polluer moins afin que les riches puissent me vendre leurs merdes labellisés « greenwashing certified » et se gaver sur mon dos. Mon leitmotiv, c’est la réduction des inégalités, pas l’enrichissement des riches. Je n’ai rien contre les riches, mon slogan politique est même « désenrichir les riches, c’est de la jalousie, enrichir les pauvres, c’est de la politique », mais entre admettre et contribuer, entre accepter et subir, il y a un monde.

Pour que j’adhère, il aurait fallu que je participe directement et activement au débat et que j’en retire des fruits financièrement au travers du financement participatif, ce qui m’offrirait, à moi comme aux millions d’autres contributeurs, la possibilité du transfert de mon revenu du salaire vers la contribution économique. Que j’aie pu faire des propositions de créations de projet, moi qui, à l’instar d’un tas de gens qui n’attendent que ça, en ai plein la tête, au lieu que seules les élites, retrouvées entre elles, derrière un huis clos, puissent se débrouiller tranquillement entre elles pour décider comment nous contraindre et nous dépouiller. Que les infrastructures auxquelles j’aurais librement décidé de contribuer m’appartiennent et que je puisse participer aux décisions les concernant sur leur fonctionnement. En l’absence de cette possibilité, pas la peine d’attendre quoi que ce soit d’autre de ma part que de chercher le moins cher et le plus confortable.

Si je suis représentatif du public, toute politique visant à imposer de manière dictatoriale un avenir sans futur aura de beaux jours devant elle. …Et je le suis, il suffit de suivre l’actu pour le voir, le comprendre et s’en convaincre.

…Et ça d’autant que de répondre à ces critères pourtant simples et évidents est facile. La question n’est pas écologique, mais politique.

Il faut bien que les concernés intègrent, surtout ceux qui ont le pouvoir, que tant que la question sera « comment financer la transition écologique » au lieu de « combien va nous rapporter la transition écologique (à tous, pas aux industriels qui fabriquent des produits d’isolation ou des voitures hybrides) »… elle ne se fera pas!

Alors que si nous proposions un organisme de financement participatif, qui inclut la création monétaire (et donc les banques, donc des moyens économiques virtuellement illimités), tous les projets à portée écologique seront financés, de la coopérative de production micro-locale d’énergie connectée en smart grid à l’usine de fabrication de centrales houlomotrices en passant par le refinancement d’une verrerie quelconque pour l’exploitation d’un brevet de super verre isolant et producteur d’énergie. Tout projet écologique sera soutenu, sans à être soumis aux lobbys.

Je dis toujours que dans le système actuel, supposons qu’il s’agisse d’éliminer l’énergie carbonée de la marine. Le peuple veut une marine à voile, les lobbys veulent une marine nucléaire. Le politique produira une marine à voile nucléaire, plus nucléaire qu’à voile d’ailleurs. On aura alors une superbe marine naviguant au nucléaire et qui sortira sa petite voile permettant 0.00001% d’économie d’énergie pour montrer au peuple qu’on l’écoute.

Mais ça, tout le monde le sait, plus ou moins consciemment. Du coup, même s’il y a foule dans toutes les actions écologiques, c’est très bien, ça intéresse tout le monde, mais ça passera quand même toujours après la vie personnelle des individus et, au final, il ne se passe rien du tout, induisant un blocage potentiellement périlleux pour notre devenir commun.

Parce que, je le rappelle, on est gentiment en train de nous mettre en place une petite dictature pour cette transition écologique. On veut nous imposer des règles abominables, à nos frais, « pour notre intérêt commun ».

Le problème est simple à comprendre : l’écologie c’est cher, TRES cher, ça va engendrer des taxes, des contraintes, des obligations, des interdits…et des riches encore plus riches. Ce qui engendre mécaniquement de l’inégalité et compromet de facto l’idée même de transition écologique.

Pour la société, ce n’est donc pas rentable et, conséquemment difficile à mettre en place.

…Mais ça pourrait être rentable, parce que si c’est cher, très cher, c’est donc qu’il y a beaucoup à investir et donc beaucoup à en retirer.  En instaurant un système économique plus démocratique plus participatif, où les investisseurs seraient le public lui-même, il assumerait sa part de charge pour sa part de pollution, mais bénéficierait des retombées financières de l’activité économique induite par cette grande transition.

Et ça, c’est facile à faire.

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A propos de l’auteur

Fervent contemplateur de la société des hommes de toujours, homme de convictions profondes à l'esprit libre. Passionné d'économie, de sociologie, d'écologie, dans une vision holistique, l'épistémologie est le moteur de ma réflexion, source de ma conviction. Je soutiens une transition sociétale qui s'avérera inéluctable à terme et tente de l'expliquer et la dédramatiser, de faire passer le message que loin d'être une fin elle est un nouveau commencement, une solution aux problèmes que nous rencontrons aujourd'hui.



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