Publié le décembre 2nd, 2012 | par Thierry Curty

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(Ré)Inventer la démocratie

Notre vieille démocratie est usée

Elle est usée par le temps, par l’évolution et par la technologie. Nous allons voir pourquoi elle est usée. Ce qui la compromet alors qu’elle devrait être plus forte que jamais et chercher des solutions pour y remédier par des propositions dont l’objectif n’est pas qu’elles soient concrètes, mais démontrer que des pistes diverses existent. La technologie induit une complexification considérable de l’environnement socio-économique et la réponse à apporter à cet état de fait implique des solutions aussi complexes à la mise en place de la technologie elle-même, pour l’exploiter positivement, et aussi simples à utiliser que cette technologie pour être accessibles par le plus grand nombre. Il s’agit aussi de viser plus loin que la seule influence démocratique que la technologie apporte avec, par exemple, le financement participatif. Par le crowdfunding, le peuple détient un pouvoir démocratique considérable en choisissant directement ce qu’il souhaite voir émerger pour lui dans l’avenir. Et ses choix se répercutent mécaniquement sur le politique en induisant une incidence factuelle. Mais cette capacité qu’offre le financement participatif n’a rien de structurante, elle ne légifère pas.

Il y a des mesures évidentes, comme la reconnaissance du vote blanc, qui permettrait de sortir tous les candidats devenus inéligibles en cas d’atteinte d’un certain seuil et donc le remplacement de la classe politique. Il y a d’autres solutions moins évidentes et susceptibles de nous éviter des systèmes populistes comme « l’Assemblée populaire » où siègeraient ceux qui ont le temps. La représentation est quelque chose de sérieux, il ne s’agit pas de palabrer sans fin pour donner son avis par principe. C’est une vision simpliste de la fonction politique. En réalité, les députés n’ont pas leur place à l’Assemblée, excepté lors des sessions plénières et des votes solennels. Les sessions plénières durant plusieurs jours, ils dorment lorsque ça ne les concerne ou intéresse pas (oui, parce que nul n’est omniscient) ce qui donne ce sentiment d’absentéisme. Nous allons donc tout à la fois éviter ici ce piège démagogique et faire d’autres propositions en base de réflexion. Tout en gardant à l’esprit que la démocratie doit aussi être universelle. Pourquoi les jeunes ne pourraient-ils pas voter à certaines questions ? Après tout, s’ils sont concernés directement et que la conséquence de leur vote n’a pas d’implications cruciales ? Les étrangers doivent-ils pouvoir élire nos gouvernants ? Si leur vote n’a pas d’incidence à long terme sur le fonctionnement national, pourquoi pas ? La démocratie doit permettre de prendre des décisions ensemble sans qu’elles n’aient de conséquences à long terme. De sorte que le plus de gens possible puisse voter.

Notre démocratie est née, comme notre Constitution, d’ailleurs, à une époque où l’analphabétisme était légion, où la masse inculte n’intervenait politiquement que lorsque la faim et la misère se faisaient sentir, l’éducation a fait son chemin depuis. A cette époque moins de 40% des jeunes passait le BAC et le taux de réussite y était bien plus faible qu’aujourd’hui où 95% le passent avec un taux de réussite de 80%. Les manifestations résultaient plus de la grogne que de la revendication. Désormais, alors que la masse est éduquée, concernée, intéressée, capable d’interaction politique, ses moyens de le faire sont limités : l’élection de ses représentants, quelques consultations citoyennes qui sont plus là pour lui donner l’impression d’être écouté, des sondages, dont les résultats sont interprétés de manière très libérale selon l’appartenance de l’analyste. Et si désormais les manifestations sont revendicatrices et diverses, lorsqu’il s’y hasarde, le peuple se fait brimer au prétexte du maintien de l’ordre en raison même du nombre de ces manifestations, conséquence directe de l’impossibilité de revendiquer autrement.

Usée par la technologie parce qu’à l’ère du numérique, la voix porte loin sur les réseaux sociaux et ne bénéficie qu’à ceux qui savent l’exploiter et la bêtise populaire. Le monde est désormais pourri par la bêtise. Ceux qui savent l’exploiter bénéficient d’un auditoire unique dans l’Histoire qui leur offre une portée telle qu’elle annihile ceux qui tiendraient un discours politique pertinent, de quelque bord que ce soit. Bien que le populisme, un terme signifiant qu’on oriente sa vision dans le sens du peuple crédule pour lui mettre plein d’étoiles dans les yeux, ait toujours existé, aujourd’hui il est seul visible. Un Jean Jaurès, un Victor Hugo, un Charles de Gaulle, auraient-ils pu être entendus aujourd’hui ? Rien n’est moins sûr ! Ceux à qui ce message simpliste est destiné et qui s’expriment en démontrant qu’ils n’ont pas la matière nécessaire à la réflexion par leur qualité d’écrit qui exploitent les réseaux sociaux pour dire et colporter n’importe quoi et vont voter en conséquence sont un vrai problème.

La liberté d’expression doit être garantie, mais…

Derrière l’expression, il y a le fonctionnement du monde, c’est extrêmement grave. Ce n’est pas une question de niveau d’études, mais d’information et donc de capacité de la capter et l’intégrer. Et plus les gens sont faiblement dotés pour se forger une opinion et plus ils sont assertifs et catégoriques et plus ils sont partagés et diffusés par le nombre qui leur ressemble, propageant leur assertion jusqu’à en faire une vérité, fût-elle absurde. Et dans un monde aussi connecté que celui de la révolution numérique, ça mène à l’idiocratie, ce sont les imbéciles qui ont le pouvoir et ça, c’est la fin du monde. Permettre aux imbéciles de s’exprimer n’a rien de démocratique. En Italie, vous ne croyez quand même pas que c’est la démocratie qui a mis ce gouvernement fasciste au pouvoir ? Et Trump ? Viktor Orban ? Erdogan ? Non, c’est la bêtise populaire, exposées aux difficultés contemporaines qui s’exprime et pourrit le monde. C’est l’ochlocratie, le pouvoir par la foule, la masse idiocratique qui au lieu d’accéder à l’information pour s’en extraire s’autoalimente elle-même par l’abondance sur les réseaux sociaux de ce qui devrait être réduit à la portion congrue de l’information.

Auparavant, pour accéder à la réinformation, les « fake news », le populisme, il fallait aller les chercher, se constituer en réseaux, d’amis, de collègues, de camarades, au bistrot, en famille et l’information représentait l’avant de la scène. Aujourd’hui, c’est le contraire, c’est l’information qu’il faut aller chercher, ce que le nombre ne fera pas puisque d’un côté c’est compliqué alors que ce qui le satisfait est surabondant et de toute façon ça ne sert à rien, puisque ce à quoi il accède le convainc que l’information vraie… est fausse ! Si vous avez une information de l’OMS qui dit que tel vaccin a produit tel effet sur telle population, c’est que l’OMS est dirigée par le lobby des labos pharmaceutiques. Par contre, si le Docteur Tal Schaller dit que les vaccins c’est inutile, cher, dangereux, que ça réduit le système immunitaire, c’est la vraie info que l’OMS cherche à dissimuler. C’est donc la fausse information qui crée son propre terrain propice à sa dispersion non seulement en empêchant l’accès à la vraie information, mais en plus en la décrédibilisant.

De pouvoir voter est un droit inaliénable

Sur le fond, que tout le monde s’exprime est normal et une bonne chose. Et tout ceci ne signe pas la mort de la démocratie, mais au contraire son avènement : la population dispose enfin d’un instrument capable de porter sa voix !  Mais alors il crucial de contrebalancer le pouvoir que leur donne l’hyperconnexion des réseaux sociaux en la structurant. Il y a 20 ans, quand un faquin s’exprimait, il n’y avait que son environnement qui l’entendait, son incidence démocratique portait jusqu’où portait sa voix. Et comme l’information vraie dominait, son propos était pris pour ce qu’il était. On y adhérait ou pas, mais il n’était pas suffisamment prégnant pour être dangereux et suffisamment méprisable pour y adhérer par défiance. Maintenant il a un mégaphone qui porte à l’infini. Il y a toujours eu du populisme, des adeptes de la Terre plate ou d’autres thèses fumeuses. Il est normal que l’évolution ait engendré de nouvelles croyances sectaires, les chemtrails ou les « Antivaxx ». Ce qui ne l’est pas, c’est la portée qu’elle leur donne. Le moindre propos aberrant est distribué un nombre incalculable de fois, submergeant l’information, qui est alors méprisée, décriée, niée.

Heureusement, il y a des symptômes qui permettent de qualifier l’interlocuteur ; outre l’absurdité du propos, il y a la qualité d’écrit. Regardez les anti-vaccins, qui sont en train de faire des dizaines de morts en raison de la diffusion de plus en plus large de leurs thèses absurdes qui font reculer la couverture vaccinale et progresser les épidémies. Ce qui les caractérise… c’est leur mauvaise qualité d’écrit. Si vous allez sur une page pro-science, la qualité d’écrit est bonne à excellente, avec peu voire pas de fautes. Si vous allez sur une page antivaxx, la qualité d’écrit est de mauvaise à si mauvaise qu’on ne comprend même pas ce qui est écrit. Et c’est pareil si vous allez sur des pages d’extrême-droite, FN, Valeurs Actuelles ou que sais-je, où vous voyez que les gens, qui sont cons comme des balais, écrivent très mal. Alors que si vous allez sur des pages comme l’Huma, Usine Nouvelle ou Le Monde, la qualité d’écrit s’élève radicalement jusqu’à l’excellence. La cognition est en relation directe avec la qualité d’écrit.

L’intelligence n’a rien à voir avec le niveau d’études, c’est une question de cognition, de capacité de réflexion. Et c’est là que le bât blesse, parce que plus la capacité de réflexion est faible et plus la personne a besoin de l’information vraie pour se fonder alors que plus la fausse information à laquelle elle est exposée l’en éloigne et l’incite à la renier. C’est le serpent qui se mord la queue. Plus il y a de cons et plus ils sont cons et plus ils sont nombreux et de plus en plus cons. Si Audiard était parmi nous…

Quelle est la cause de cette situation ?

Interrogeons-nous un instant sur les raisons de cette situation. Qu’est-ce qui l’engendre et l’entretient ? Sinon une défiance de plus en plus conséquente envers un système de moins en moins protecteur au fur et à mesure des difficultés économiques qui génèrent de la souffrance sociale dont de plus en plus de gens subissent les conséquences, rendant de plus en plus prégnant l’incapacité de chacun d’interférer avec la vie politique. Et ce n’est pas près de s’arranger, puisque pour avancer le gouvernement prendra de plus en plus de décisions impopulaires et donc qui le contraindront à ne pas se soumettre à la démocratie.

C’est donc une question de confiance qu’il faut rétablir. D’inventer une démocratie adaptée à l’époque que nous vivons ramènera mécaniquement l’information vraie à sa place puisqu’elle redeviendra crédible. Il n’est pas nécessaire d’être Grand Clerc pour comprendre que si la seule arme de la population pour s’opposer avant la révolution c’est de n’accepter que ce qui est contre, il va évidemment se l’approprier et refuser d’entendre sans fin des justifications qu’on lui ressasse à tours de bras alors qu’il sait bien qu’elles ne visent qu’à lui faire prendre des vessies pour des lanternes.

En ce qui me concerne je m’épouvante de constater au quotidien à quel point le Souverain français est un monarque, comprenez, le Président de la République, je ne parle évidemment pas du peuple, qui lui ne fait que se soumettre au Souverain qu’il a désigné tous les cinq ans. Le Président est le chef des armées, si la Constitution le distancie du gouvernement, où il ne fait que nommer le Premier ministre qui ne dépend pas de lui et qu’il ne peut pas licencier, on voit avec la mandature « jupitérienne » d’Emmanuel Macron qui s’est construit son Olympe qu’il est tout-à-fait possible d’avoir un Premier Ministre inféodé, ce que la Constitution n’interdit par contre pas. C’est une manière de gouverner qui n’est plus possible au vingt-et-unième siècle. La démocratie, c’est, sinon le partage du pouvoir, à minima l’implication de la population dans le traçage de la route suivie.

Internet offre la réponse

Une des caractéristiques de la révolution numérique est qu’elle offre une possibilité unique dans l’Histoire de l’Humanité : la possibilité de réaliser des outils pour presque rien. Produire un site web pour interagir avec la population revient à une fraction infime du coût d’un référendum. Aujourd’hui (hier) le gouvernement interagi(ssai)t par l’intermédiaire des instituts de sondage qui sont suffisamment précis pour donner une bonne indication de la température au sein de la population et plus souples qu’un référendum qui revient à une dictature de la majorité et n’a de toute façon rien de démocratique. Une réponse par « oui » ou « non » sans nuance ne représentant que l’option la moins pire pour chaque votant. Si après dépouillement vous avez 10 millions de personnes qui ont voté et que sur ce chiffre vous avez un seul « oui » de plus que les « non » ou vice-versa, c’est la majorité qui l’emporte et l’impose à l’autre partie. Alors qu’avec un sondage ça permet de nuancer la réponse à apporter. L’inconvénient du sondage c’est là encore la confiance : « les chiffres ont été manipulés par le gouvernement » ou « moi, on ne m’a pas posé la question ». Comment faire confiance à un instrument dont l’analyse est si complexe qu’elle échappe à tous, qui concerne tout le monde alors que seuls quelques milliers d’individus sont interrogés, qui est commandé par le pouvoir à sa discrétion et dont on pourra interpréter les résultats de diverses façons ? Un tel système ne peut qu’induire un sentiment de frustration, de privation de ses droits de peuple souverain, tel qu’énoncé dans la Constitution.

Avec internet, rien de plus simple que de réaliser un site web où tout un chacun pourra être doté d’une identité sécurisée et pourra voter selon divers systèmes comme le Jugement majoritaire. Voter en permanence, sur toute une diversité d’objets avec plusieurs options possibles. Et ce sans coût supplémentaires de traitement. Ceux qui analysent les sondages aujourd’hui sont tout-à-fait à mêmes de traiter cette nouvelle information à plus grande échelle. Il suffit de réaliser le site web et le système de sécurisation des identités individuelles, un fichier central où chacun s’inscrit et peut gérer son propre profil en conséquence de ce qu’il souhaite y mettre mais, surtout, prouve son identité et ainsi est éligible à voter en conséquence des objets et du niveau politique. Un européen inscrit pourra voter au niveau local, mais peut-être aussi à des questions purement interrogatives nationales, le site n’affichant que les questions auxquelles chacun peut voter en conséquence de son profil de votant. A ce niveau nous avons déjà un renforcement considérable de la démocratie.

Réformer tous les étages de la politique : la gouvernance

Mais il ne faut pas non plus hésiter à foncer pour réformer la vie politique, parce que d’autres systèmes sont possibles. Pensez au système suisse qui repose sur un gouvernement de sages qui font office à la fois de présidents et de ministres. Le « Président de la Confédération » n’ayant qu’un rôle purement honorifique d’arbitre avec des émoluments supérieurs qui lui garantiront une meilleure retraite. Il n’est d’ailleurs pas élu, les Sages se partagent la fonction parmi et à tour de rôle. Je ne dis pas que ce système sera transposable à une superpuissance économique et nucléaire comme la France. Mais puisqu’il est désormais possible d’organiser une votation à tout moment pour très peu d’argent si un site web est réalisé à cet effet, pourquoi se priver de voter plus souvent ? Du coup, pourquoi ne pas avoir un autre système de gouvernement ? Le président fait un quinquennat, pourquoi ne pas avoir 5 présidents chacun élus pour 5 ans, au suffrage universel, mais à raison de un par année ? Chaque année le peuple remplacerait un des 5 chefs de l’Etat. Ainsi il est possible d’avoir un mix à la tête de l’Etat, avec deux présidents socialistes, un Républicain, un RN et un UPR, peu importe, aucun ne dispose du pouvoir d’imposer seul sa volonté. Ses décisions sont régulées par le jeu politique.

Et le double avantage est que les petites tricheries lors des votations sont sans conséquence véritable dans ce cas. L’intérêt de tricher ne réside plus dans l’accession au pouvoir, mais dans la seule ambition personnelle, puisque de devenir président n’apporte plus de pouvoir exclusif. Si de petites tricheries ont fait passer un plutôt qu’un autre, c’est sans conséquence véritable alors qu’aujourd’hui ça met en place quand même un monarque, de facto illégitime, pour 5 ans qui a un pouvoir remarquablement étendu avec une gouvernance radicalement opposée à celle qui répondait aux exigences du peuple. Le Premier ministre disparaît, au Gouvernement, une petite dizaine de « superministres » se partagent les portefeuilles, là encore nommés par les 5 présidents, ce qui promet du beau temps lors des réunions ministérielles. L’exécution étant réalisée par des Secrétaires d’Etat à leurs ordres. Ainsi, le Gouvernement et l’Etat sont-ils en mains d’un éventail de tendances qui s’entendent entre elles pour fournir une gouvernance faite de compromissions.

A l’Assemblée Nationale

Le problème se reproduit avec l’Assemblée, où un député est nommé et ensuite c’est lui qui représente le peuple jusqu’à la fin de son mandat. La seule interaction immédiate possible avant la prochaine votation étant de lui écrire pour lui donner son point de vue, ce qui nous fait une belle jambe. Une situation si ubuesque qu’elle engendre des « baronisations » de la fonction de Député qui ont amené à légiférer sur le nombre de mandats auxquels peut prétendre un candidat, ce qui revient à décréter que le peuple n’est même plus en droit de voter pour qui il veut. En réalité, tout un chacun devrait pouvoir candidater sans condition à cette fonction de délégation de proximité immédiate de la population. Et non seulement ça, mais le plébiscite devrait être possible également. Partant, au moment des votations, un choix de candidats sur le site web se propose, chacun attribue sa note (si c’est au jugement majoritaire) à chacun, mais peut aussi mettre un nom d’un non-candidat, dire : « j’aimerais que ce soit Machin qui soit mon député ». Ayant été nommé délégué de classe quand j’avais 11 ans alors que je n’avais pas postulé, je suis en mesure d’affirmer que ça pourrait se produire.

Pour résoudre la problématique de l’interaction limitée et offrir une voie plus démocratique au peuple, puisqu’il devient possible de voter pour chaque objet en temps réel, pourquoi ne pas avoir une Assemblée Nationale réduite, peut-être 200 députés accompagnée d’une Assemblée populaire constituée d’élus provisoires pour chaque objet ? Concrètement, les députés titulaires seraient donc élus pour un mandat, comme aujourd’hui. Mais pour chaque objet soumis à l’Assemblée, un certain nombre de députés provisoires pourrait être élu par le peuple. Lorsque l’objet est connu, communiqué, n’importe qui dans la population peut activer son profil d’électeur en se déclarant candidat à la discussion et au vote final de l’objet qui l’intéresse et la population choisit parmi les candidats les députés provisoires qui les représenteront pour cet unique objet.

A l’Assemblée se croisent alors divers groupes, certains sont le groupe pour l’objet Bidule, un autre l’objet Chose, ainsi que les députés titulaires qui eux agissent sur les objets de leur choix, comme aujourd’hui. Les groupes changent en permanence puisque les députés provisoires, une fois l’objet voté, s’effacent et sont remplacés par d’autres pour d’autres objets. Le gain est à multiniveaux, non seulement le peuple peut ainsi mettre en place ceux qu’il imagine être plus conformes à ses attentes pour l’objet discuté, mais sans compromettre la stabilité de l’Assemblée Nationale ni la démocratie elle-même. Parce que la démocratie absolue, c’est tous députés, l’absence totale de démocratie, c’est aucun député. Du coup, plus il y a de députés et plus la démocratie fonctionne. Mais si on peut éviter de devoir se contenter de celui pour qui on a voté par défaut à chaque législatives, en créant un paysage plus mouvant, c’est tout bénéfice pour la démocratie.

Et le peuple !

Enfin, le point-clé de mes propositions : le peuple ! Le peuple qui aujourd’hui vote en conséquence de ses peurs, de ses intérêts et, surtout, de ses croyances, que nous avons explicitées plus avant. Quelqu’un qui exige de pouvoir voter sur l’adhésion à l’UE en prétendant que l’Euro est trop fort et c’est pour ça que notre économie patauge n’a pas d’avis. Pas plus que quelqu’un qui prétend qu’il y a plus de morts des vaccins que de vies sauvées. Ou encore qui croit au « Grand Remplacement », en affirmant qu’aujourd’hui nous sommes envahis d’immigrés. Il n’est tout simplement pas possible d’interroger quelqu’un qui a des croyances pareilles. La démocratie, c’est que ceux qui ont un avis, construit, sur la base d’une information comprise et maîtrisée, puissent le donner. On peut être pour, on peut être contre, mais à condition de savoir de quoi on parle.

On pourrait se dire qu’avec les référendums on en parle très en amont et donc qu’ainsi la population est informée. Mais en réalité il suffit de voir pour le référendum de 2005 sur le TCE (Traité sur la Constitution Européenne) le nombre de personnes qui se sentent flouées encore aujourd’hui parce qu’elles croient avoir voté contre l’UE pour comprendre l’absurdité de la situation. Et comme un référendum est anti-démocratique (voir hyperlien plus haut), très onéreux et complexe, il est un instrument à utiliser trop modérément pour être efficace. Le peuple doit pouvoir être interrogé sur une foultitude d’objets en temps réel. Et la diversité de ces objets amène une nouvelle possibilité : celle de n’interroger sur chaque objet que ceux qui savent de quoi ils parlent, soustrayant ainsi au maximum la votation de l’objet aux populismes, complotismes, croyances ou même défiances par principe. Parce que si nul n’est omniscient et capable de répondre à toutes les questions, nul n’est capable de répondre à aucune.

Une commission paritaire pourrait réaliser un QCM de quelques milliers de questions sur tous les thèmes de la vie courante, avec 5 options de réponse possible. Il n’y a pas de mauvaise réponse, il y a juste des réponses plus ou moins pertinentes. Chaque réponse représentant un nombre de points, chaque question ayant une couleur. Par exemple il existerait 2000 questions, en 5 groupes de 400 questions, avec les couleurs bleu, jaune, rouge, vert, blanc. Le bleu c’est l’économie, la finance, la sécurité, les communications. Le jaune c’est le social, le logement, la santé. Le rouge c’est l’armée, la stratégie, la diplomatie. Le vert c’est l’environnement, le développement urbain ou territorial, la protection animale, l’agriculture. Le blanc c’est la vie politique, la justice, etc. On attribue ainsi chaque élément à une couleur On passe l’examen en ligne, qui porte sur 300 questions au hasard. On a dix secondes pour répondre, on peut passer la question si on veut. Au bout des 300 questions, le nombre de points de chaque groupe détermine à quelle(s) couleur(s) celui qui s’est soumis à l’examen peut répondre.

En fonction de ce résultat le site affiche à chaque profil, en toute transparence, toutes les questions auxquelles chacun peut répondre. Ainsi, tout le monde répond à ce qu’il connaît le mieux, où il est bon, avec un avis fondé. Et s’il souhaite répondre à d’autres questions d’une autre couleur, alors il s’informe sur les thèmes correspondants à la couleur puis il refait l’examen. Ce qui incite alors à s’informer et combat par la même occasion les fameuses « fake news » qui menacent aujourd’hui notre démocratie.

 

 

 

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A propos de l’auteur

Fervent contemplateur de la société des hommes de toujours, homme de convictions profondes à l'esprit libre. Passionné d'économie, de sociologie, d'écologie, dans une vision holistique, l'épistémologie est le moteur de ma réflexion, source de ma conviction. Je soutiens une transition sociétale qui s'avérera inéluctable à terme et tente de l'expliquer et la dédramatiser, de faire passer le message que loin d'être une fin elle est un nouveau commencement, une solution aux problèmes que nous rencontrons aujourd'hui.



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