Mourir avant la retraite

Publié le décembre 25th, 2014 | par Thierry Curty

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Comment la retraite à 55 ans pour tous peut sauver le système de retraite et réduire le chômage

La vision « plus libérale est moderne » consistant à retarder les retraites, contraindre au travail, restaurer « la valeur travail », est en réalité une vision conservatrice réductrice de la société populaire. Qui devrait au contraire rechercher à apporter toujours plus d’avantages au plus grand nombre. Une retraite plus tôt, avec une démocratie renforcée, des activités plus épanouissantes.

L’espérance de vie va exploser ces prochaines décennies. Si nous devons adapter les durées de travail et de cotisation, est-ce que cela signifie que dans 30 ans il faudra travailler jusqu’à 100 ans ? Et cotiser 80 ans pour espérer toucher 40 ans de retraite ?

Les maladies du travail explosent à partir de 55 ans. En mettant les gens à la retraite à cet âge, nous économiserions, rien que pour la Sécu, plus de 30 milliards d’Euros par an. Sans parler du confort de vie pour les citoyens. Avec l’opportunité de faire enfin leur vie après avoir fait celle d’un autre avec une activité peut-être plus épanouissante.

Ensuite, déjà aujourd’hui, il n’y a plus qu’une petite fraction des seniors qui arrivent à l’âge de la retraite avec un travail, dans de très mauvaises conditions pour plus de 40% d’entre eux (souffrances, épuisement, lassitude). Qui voudrait faire perdurer ça? Il faut être un esclavagiste pour soutenir ça.

Perçue, à tort ou à raison, comme un lien intergénérationnel, les citoyens tiennent à la répartition, ils ne la lâcheront jamais. Quand à la capitalisation, elle est déjà introduite de facto depuis longtemps. Il faut donc exploiter cet existant pour apporter plus et mieux à tous pour le bien de tous.

Il faut simplement mettre les retraites à 55 ans, pour tous, en les revalorisant afin de veiller à ce que tous perçoivent le minimum vieillesse. A l’heure où nombre de propositions politiques consistent en un partage du travail par la réduction du temps de travail, d’avancer l’âge de la retraite à 55 ans revient à partager le travail par une réduction hebdomadaire en une seule fois en fin de carrière salariale. Sans les inconvénients d’une semaine de travail plus courte en tant qu’actif.

En mettant les retraites à 55 ans, revalorisées, pour tous :

  • Nous supprimons tout simplement le chômage des jeunes de moins de 25 ans. Qui deviennent des cotisants au lieu de coûtants via des mesures perpétuelles d’insertion (emplois aidés, chômage, formations débiles, etc…)
  • Nous réduisons drastiquement les maladies du travail issues de l’épuisement (arthrose, ce qui implique les maux des genoux, du dos, etc… mais aussi maladies cardiaques ou pulmonaires dans les environnements poussiéreux, rhumatismes, risques aggravés de maladies chroniques par la prolongation à l’exposition à l’environnement nocif et des tas d’autres choses toute aussi joyeuses les unes que les autres). Ce qui induit des économies gigantesques sur la Sécurité sociale (plus de 30 milliards).
  • Nous économisons les coûts du chômage des seniors, de l’argent qui peut être utilisé à d’autres fins (comme le financement de la retraite, par exemple et pour dire n’importe quoi).
  • Nous réduisons la voilure de Pôle-Emploi, débarrassés d’une bonne part des seniors et des jeunes de moins de 25 ans qui représentent plus de 40% de la charge de travail. De l’argent qui peut être réattribué à autre chose, comme le financemnet des retraites par exemple.
  • Nous nous retrouvons avec une foule de retraités dynamiques, dans la fleur de l’âge. Parfaitement alertes, à même de se montrer entreprenants. Agissant en créant des entreprises pour se mettre à leur compte pour occuper leur retraite ou pour l’accompagnement des jeunes dans les entreprises via les contrats de génération ou encore comme bénévoles associatifs. Ces gens vont s’occuper des enfants des actifs, nécessitant moins de coûteuses crèches. Ils vont agir dans les associations du secteur social, réduisant les coûts d’accompagnement pour l’Etat (en 2012, les associations ont perçu 37 milliards d’Euros de subventions et les services qu’elles ont rendu en échange auraient coûté plus de 70 milliards à l’Etat s’il avait dû les rendre lui-même, sans même prendre en compte que l’association, c’est libéral et démocratique, contrairement à l’emprise de l’Etat).
  • Les retraités, surtout jeunes et en bonne santé, sont d’excellents consommateurs, avisés. Ils ne cherchent pas à épargner mais dépensent volontiers pour leurs loisirs, pour s’éclater après une vie de travail et pour les jeunes, avec qui ils adorent collaborer (voir les milieux du sport ou le culturel). En 2012 ils représentaient encore 80% du marché de l’automobile neuve et de l’immobilier et 70% des revenus des plus hauts déciles de la classe moyenne. Donc une redynamisation de l’activité économique avec une hausse des rentrées fiscales.
  • Nous supprimons purement et simplement cette épouvantable énième usine à gaz qu’est le compte pénibilité, une charge incommensurable et insurmontable pour les entreprises. D’autant qu’il est absurde, parce que tout travail est pénible. Si pour le maçon, la pénibilité est visible, l’employé du bureau à les cervicales en compote à 50 ans et pour la caissière de supermarché, c’est les lombaires. J’ai eu vu des pieds déformés par 40 ans de carrière à l’usine à simplement presser une pédale. Bien sûr que le travail c’est pénible, tous les travaux le sont.

retraiteComment financer? C’est très simple :

Outre la réattribution des sommes disponibles économisées, on pourrait agir sur les impôts.

Une fois cet environnement fiscal mis en place, sur présentation d’une carte de retraité, on accorde un avantage fiscal aux porteurs, sous forme de réduction d’un certain volume de TVA, pour les inciter à dépenser. Certains iraient même jusqu’à acheter pour leurs jeunes histoire de leur faire profiter de cet avantage, ce qui pousse à la consommation.

…Et une fraction de la TVA dégagée par les ventes aux retraités, par exemple 25%, serait réalloué directement à la caisse de retraite.Ainsi, on conserve le système par répartition, la caisse de retraite s’autofinance par les dépenses des retraités, le système par capitalisation n’est pas systématisé, on a une société active plus jeune et plus dynamique et des conditions de vie considérablement améliorées pour l’ensemble.

Juste quelques curseurs à déplacer. Un peu moins d’impôts, un peu plus de TVA normale, l’instauration d’une carte de retraité…rien d’extraordinaire, c’est juste du saupoudrage, une série de réformettes qui réforment l’ensemble.

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A propos de l’auteur

Fervent contemplateur de la société des hommes de toujours, homme de convictions profondes à l’esprit libre. Passionné d’économie, de sociologie, d’écologie, dans une vision holistique, l’épistémologie est le moteur de ma réflexion, source de ma conviction.

Je soutiens une transition sociétale qui s’avérera inéluctable à terme et tente de l’expliquer et la dédramatiser, de faire passer le message que loin d’être une fin elle est un nouveau commencement, une solution aux problèmes que nous rencontrons aujourd’hui.



One Response to Comment la retraite à 55 ans pour tous peut sauver le système de retraite et réduire le chômage

  1. Fraioli says:

    J’ai 60 ans et on ne donne pas ma retraite tout simplement que l’on vient de me dire qu on prend plus les années de formation si on veut partir avant 62 ans. carrière commence à 17 ans. Gouvernement de guignol, il nous avait promis la retraite resterait à 60 ans, il l’a fait en changeant les droits.

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