Patron dirigeant

Publié le avril 23rd, 2015 | par Thierry Curty

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Dividendes, investissements, gouvernance, redistribution de richesse, l’entreprise dans le Contributisme

 L’économie se démocratise

Les chefs d’entreprises ne décident plus des investissements et c’est tant mieux, ce n’est ni dans l’intérêt de l’ensemble, ni dans le leur. L’avenir de l’économie est à une économie plus démocratique, plus contributive, c’est donc au peuple de décider des investissements d’avenir. Un crédit devrait être accordé par l’ensemble, qui trace la voie de l’avenir et non pas par un entrepreneur capable d’engendrer un marché. L’économie du futur est le Contributisme, plus le Consumérisme.

A chaque siècle son économie

Chaque siècle a eu son économie. Jusqu’à la fin du XVIIIème siècle, sous le Féodalisme, c’est l’Industrialisme qui a pré-dominé. Tout se passait entre riches et pouvoir. Puis, avec le Capitalisme, nous sommes passés au Productivisme au XIXème siècle, qui s’est transformé en Consumérisme au XXème et va se transformer en Contributisme au XXIème.

La différence est fondamentale, elle signifie qu’au XXème c’est le patron qui engendre le marché, par le marketing, alors qu’au XXIème c’est la conscience collective qui le suscite en le réclamant.

Ce n’est pas une contrainte, c’est un avantage

L’avantage est considérable à plus d’un titre, outre les avantages évidents d’un point de vue écologique d’une économie qui répond à des besoins au lieu de les inventer, d’un point de vue du patron de l’entreprise, il est certain que si son investissement est choisi par la communauté il fonctionnera.

Peut-être est-ce plus « sportif » de créer le marché, de capter la richesse ? C’est possible, mais ça ne passe plus. La société ne tolère pas la création individuelle d’entreprise pour l’enrichissement personnel de son fondateur, c’est une fonction économique de la société pour engendrer de la richesse qui bénéficiera à tous. La sportivité n’entre donc pas en ligne de compte. Si le patron veut faire du sport, qu’il aille faire du golf, derrière son entreprise, il y a l’humanité.

Les dividendes sont la part « monarchique » du pouvoir du dirigeant

Le dirigeant d’entreprise ne doit toutefois pas être réduit à un exécutant du peuple, c’est lui qui prend les risques, c’est lui qui s’est démené, c’est son entreprise, qu’il dirige, il doit conserver un pouvoir de gouvernance. Et les dividendes sont à même de lui offrir cette capacité en les réorientant vers l’investissement.

J’ai une proposition allant dans ce sens consistant à soumettre la taxation des dividendes à une fiscalité progressive proportionnelle à la part de bénéfices qu’elle représente, hors salaire du dirigeant.

Je m’explique, si les dividendes représentent 10% du bénéfice, alors ils sont taxés à 10%. Si ils représentent 40%, alors ils sont taxés à 40%. Et le dirigeant est rémunéré avec le reste…s’il y en a un! A lui d’en tenir compte au moment du reversement pour se verser son salaire, d’entente avec les actionnaires. Et, bien évidemment rien n’interdit de déterminer une franchise fiscale, soit en somme, par exemple 5’000€, soit en pourcentage, par exemple 10% des bénéfices, histoire de laisser une marge de manœuvre, l’objectif de la proposition étant de limiter les rémunérations abusives et les reversements inconséquents.

L’impôt sur le bénéfice, quand à lui, bénéficiant des avantages consécutifs au réinvestissement, sous forme de cash flow ou direct dans le développement d’autres entités.

La régulation non contrainte des rémunérations des dirigeants et des dividendes

Ainsi, terminé les dividendes faramineux et les salaires mirobolants sous prétexte de bénéfice. La répartition de richesse est bien meilleure en engendrant soit une captation par l’Etat de la création de richesse, soit en encourageant l’investissement qui lui aussi contribue à la création de richesse qui pourra être dûment taxée.

Une solution simple à mettre en oeuvre et redoutablement efficace et qui ne contraint pas les bénéficiaires des dividendes, puisque pour compenser il leur suffit d’investir en créant de nouvelles entreprises au lieu d’encaisser les bénéfices et ainsi percevoir des dividendes de plus de sources au lieu d’une seule. CQFD

Le problème est donc ailleurs

In fine, il résulte de tout ceci que le problème n’est donc pas que les banques ont le pouvoir, mais qu’on ne les exploite pas à l’avantage démocratique de la société contributive qui n’aura pourtant que des avantages, aussi bien pour les banquiers, qui réduiront leur risque en finançant des projets soutenus par leurs futurs clients, pour les patrons, qui seront rassurés quand à la teneur des risques qu’ils prendront, pour les actionnaires, qui percevront toujours leur dû mais en contribuant plus fortement à l’économie grâce à une intrication plus profonde, facteur de mixité sociale.

 

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A propos de l’auteur

Fervent contemplateur de la société des hommes de toujours, homme de convictions profondes à l’esprit libre. Passionné d’économie, de sociologie, d’écologie, dans une vision holistique, l’épistémologie est le moteur de ma réflexion, source de ma conviction.

Je soutiens une transition sociétale qui s’avérera inéluctable à terme et tente de l’expliquer et la dédramatiser, de faire passer le message que loin d’être une fin elle est un nouveau commencement, une solution aux problèmes que nous rencontrons aujourd’hui.



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