Publié le août 7th, 2016 | par Thierry Curty

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La semaine de 33 heures au lieu de la semaine de 32 heures…

Peut-être ne connaissez-vous pas la proposition de Carlos Slim, l’un des hommes les plus riches du monde?

Une alternative dont les points essentiels me séduisent au plus haut point.

La semaine de 32 heures

Des tests sont faits dans différents pays, comme la Suède, avec la semaine de 32 heures ou même de 30 heures et certains y sont depuis longtemps, comme l’Australie.

Pour le salarié, c’est toujours mieux que 35 ou 39 ou 48 comme au Mexique, pays de Carlos Slim. Le travail semble faire tellement le bonheur que la société se bat pour lui et refuse d’admettre qu’il disparaisse et lorsqu’il est là, elle se bat pour travailler le moins possible.

…C’est peut-être ça le bonheur?

En tous les cas, d’un point de vue du patron, la semaine de 32 heures, outre le fait que ça grève un peu plus la compétitivité, c’est une gageure à gérer. Soit l’entreprise travaille moins longtemps chaque jour, comme si elle travaillait déjà suffisamment, soit elle travaille 4 jours par semaine. Si le patron veut travailler normalement 5 jours par semaine, il faut jongler avec des équipes, entre RTT, congés, vacances, sureffectif et sous-effectif.

La semaine de 33 heures

La semaine de 33 heures de Carlos Slim est plus intéressante, sa vision propose trois journées de 11 heures de travail… puis le reste de la semaine est libre. Libre pour contribuer à l’économie, pour la transition sociétale, pour participer à la démocratie.

D’un point de vue du salarié, trois jours, c’est vite passé, même avec une vie de famille, c’est plus facile à organiser qu’une demie-heure tampon chaque jour. Il lui restera ensuite 4 jours pour vivre avec sa famille sans contrainte.

D’un point de vue du patron, c’est royal, son entreprise est ouverte bien plus longtemps chaque jour, plus tôt et plus tard et le travail se fait sur six jours par semaine au lieu de 5 en deux équipes. Et ce sans prétérite de laisser librement les salariés occupant chaque fonction de s’échanger leurs jours de travail s’ils le souhaitent.

Ainsi, la perte de compétitivité due à la réduction du temps de travail et donc la hausse de la pression salariale est directement compensée par le gain de productivité de l’entreprise.

Le point discutable de la vision de Carlos Slim

Sa vision de l’espérance de vie qui augmente et doit donc augmenter la durée de vie active est malheureusement un peu archaïque. C’est vrai, l’âge de la retraite a été fixé en conséquence de l’espérance de vie. Mais s’il faut travailler 75 ans parce que nous vivons jusqu’à 90 ans, faudra-t-il travailler jusqu’à 130 ans lorsque nous aurons une espérance de vie de 150 ans, comme je l’explique dans mon article sur la retraite à 55 ans?

Il est vrai que Carlos Slim parle d’automatiser les tâches de production pour rendre le travail beaucoup moins pénible, ce qui rend plus plausible sa proposition qui n’a rien d’inhumaine. De lui-même il propose de retarder l’âge de la retraite facultativement pour améliorer la condition des seniors tout en permettant à l’entreprise de conserver aussi longtemps que possible les avantages de leur expérience au sein de l’entreprise.

La proposition de la semaine de 33 heures n’entre de facto pas en contradiction avec la retraite à 55 ans, qui offrirait le choix : soit vous en profitez pour enfin faire votre vie après avoir fait celle d’un autre, soit vous négociez de nouvelles conditions avec votre entreprise, par exemple un travail partiel, plus tranquille, pour améliorer l’ordinaire et la faire bénéficier de votre expérience si elle le souhaite.

Voilà une proposition qui a le mérite de préciser le concept même de retraite à 55 ans sans compromettre son idée de base, consistant à offrir l’autonomie à chacun plus tôt pour fournir une nouvelle masse active dynamique à l’économie tout en offrant de bien meilleures conditions de vie.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Seriez-vous prêts à travailler trois jours un peu plus longtemps dans une fonction aussi automatisée que possible avant d’avoir 4 jours devant vous pour votre épanouissement personnel ?

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A propos de l’auteur

Fervent contemplateur de la société des hommes de toujours, homme de convictions profondes à l'esprit libre. Passionné d'économie, de sociologie, d'écologie, dans une vision holistique, l'épistémologie est le moteur de ma réflexion, source de ma conviction. Je soutiens une transition sociétale qui s'avérera inéluctable à terme et tente de l'expliquer et la dédramatiser, de faire passer le message que loin d'être une fin elle est un nouveau commencement, une solution aux problèmes que nous rencontrons aujourd'hui.



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