Publié le février 27th, 2018 | par Thierry Curty

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Un impôt sur l’inégalité pour une richesse plus équitable

Le Directeur Général de SnapChat a gagné 638’000’000$ en 2017 et ça alors que SnapChat a connu des pertes abyssales historiques. On peut vraiment dire qu’il est payé pour faire du mauvais boulot.

Moi je me dis que c’est son problème… à condition que cela ne génère pas d’inégalité. Déjà que ces entreprises du numérique, qui connaissent des valorisations délirantes alors qu’elles sont dépourvues d’actifs, de la vulgaire fausse monnaie, ça risque d’être difficile. Il faut donc une solution pour évoluer avec l’économie numérique si on veut réduire cette inégalité qui grandit exponentiellement.

Un impôt sur l’inégalité reviendrait en somme au paiement d’une taxe pour le droit de faire fortune. Un avantage considérable pour les riches aussi bien que pour les moins riches.

Fondamentalement, je suis opposé à l’impôt sur le revenu

Clairement, il ne sert qu’à ne pas le payer pour ceux qui ont les moyens de l’éviter en reposant sur le principe absurde qu’il devrait être payé sous prétexte qu’on a les moyens de le payer. Je lui préfère un autre type d’impôt sur le niveau de vie. C’est finalement une manière de transférer sur les classes moyennes le paiement de l’impôt que les riches s’évitent de payer.

Alors, plutôt que taxer ces revenus en proportion de leur seul niveau, je me dis que l’on devrait plutôt inventer un coefficient modérateur reposant sur des éléments comme le point Gini ou la courbe de Philips. De sorte que les revenus seraient taxés proportionnellement à l’inégalité. Plus il y a de l’inégalité, plus les revenus sont taxés pour la diminuer. Ainsi, les responsables de l’inégalité sont directement la source de sa réduction.

TOUS les revenus, pour respecter le principe de l’égalité devant l’impôt

Y compris les salariés bien entendu. Alors qu’aujourd’hui de parler « d’égalité devant l’impot », argument souvent entendu, relève de la démagogie. Les riches paient en moyenne 18% d’impôt, rien que sur ce point, par rapport aux classes qui ont moyens de les payer, il y a déjà une trè forte inégalité devant l’impôt. Mais aussi les charges sociales, les riches sont au plafond, ce qui semble représenter de grosses sommes, mais en réalité parfois une fraction infinitésimale de leur revenu, 0,01% , pendant que les classes moyennes suent pour les payer. Il faut donc rétablir cette égalité, mais avec une nouvelle forme de progressivité reposant sur l’exposition au nouveau coefficient : de 0% d’exposition pour les plus bas revenus à 100% pour les plus hauts. A 0%, on paie 0% d’impôt, donc on est non-imposable. Et si certains veulent que le minimum soit de 5€ « de principe » pour payer la déclaration d’impôts, pourquoi pas ? Même si ce ne sont selon moi que des économies de bouts de chandelles.

Resterait alors à déterminer le mode de calcul de ce coefficient. Mais, ainsi, selon l’échelle de progressivité, celui qui est exposé à 50% verrait la moitié de son revenu exposé au coefficient pondérateur :

  • Vous gagnez 50’000€ par an, exposé à 50% et le coefficient pondérateur est de 0.3, on fait 25’000 x 0.3 = 7500€ d’impôts.
  • Si vous gagnez 150’000€, exposé à 100%, on fait 150’000 x 0.3 = 45’000€.

De même, si l’inégalité est plus forte, avec un coefficient modérateur de 0.5 :

  • Vous gagnez 50’000€ par an, exposé à 50% et le coefficient est à 0.5, on fait 25’000 x 0.5 = 12’500€ d’impôts.
  • Si vous gagnez 150’000€, exposé à 100%, on fait 150’000 x 0.5 = 75’000€ d’impôts.

A l’inverse, l’inégalité est faible, le coefficient est de seulement 0.1 :

  • Vous gagnez 50’000€ par an, exposé à 50% et le coefficient est à 0.1, on fait 25’000 x 0.1 = 2’500€ d’impôts.
  • Si vous gagnez 150’000€, exposé à 100%, on fait 150’000 x 0.1 = 15’000€ d’impôts.

Ainsi, tout le monde paie un impôt juste en conséquence non plus de ce qu’il gagne, mais de la situation qu’il fait vivre à la communauté pour son revenu.

L’impôt équitable absolu !

Et tout ceci ne compromet la possibilité d’un impôt sur le niveau de vie, favorable à la mixité sociale, puisque plus le niveau de vie est faible et moins on paie d’impôt sur le niveau de vie.

Les interactions entre le revenu, le niveau de vie, le coefficient d’inégalité, sont à définir bien sûr, mais relèvent de la politique. A titre personnel, je pense qu’il serait injuste de tout faire reposer sur le niveau de vie. Une part devrait reposer sur le revenu, incluant la totalité des gains, salaires comme dividendes ou revenus du capital, une part sur le niveau de vie, une part en tant qu’impôt sur la fortune. Chaque position étant définie forfaitairement par un système progressif calculé sur la base des éléments connus et favorable au fiscalisé.

 

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A propos de l’auteur

Fervent contemplateur de la société des hommes de toujours, homme de convictions profondes à l'esprit libre. Passionné d'économie, de sociologie, d'écologie, dans une vision holistique, l'épistémologie est le moteur de ma réflexion, source de ma conviction. Je soutiens une transition sociétale qui s'avérera inéluctable à terme et tente de l'expliquer et la dédramatiser, de faire passer le message que loin d'être une fin elle est un nouveau commencement, une solution aux problèmes que nous rencontrons aujourd'hui.



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